3 mois comme un claquement de doigts, un boulet de canons ou un craquement d'allumettes et nous voici déjà à la visite trimestrielle de routine à l'hôpital, pardon, "mon hôpital", dit Bettilou qui précise "pas celui de Bruna, pas celui de Benjamin" avec une certaine pointe d'orgueil et surtout un large sourire à la vue du kiosque à joujoux dans le hall - le plus cher de tout le pays - que nous ne manquons jamais d'aller visiter pour compléter une improbable collec' kitch de poupées 100 % non recyclables avec bonbons chimiques à faire fondre sous la langue, non remboursés par la sécu, ça va de soi. 

C'est parfait ! a dit le docteur (enfin "son" docteur Vincent) et on le croit sans problème : Bettilou en trois mois a fait de grands progrès et rayonne. Elle a enlevé ses brassards pour sauter dans l'eau, s'est fait baptiser très dignement par l'élu municipal,  soigner sa première carie en bouddha zen, a fêté ses cinq ans avec sa très large tribu de copains et copines, et son passage en mat' sup avec félictations du jury avec kidnapping concomittant par la directrice qui l'a d'office inscrite dans sa classe de grande section l'an prochain, enfin s'est produite avec bonheur sur la scène du palais des congrès déguisée en fourmis pour son spectacle de fin d'année. Je fais volontairement l'impasse sur les centaines de dessins multicolores confectionnés, les multiples spectacles, les zinnombrables zinvitations zaux zanniversaires, les colliers de bonbons, crocodiles haribo et pots de nutella ingurgités, en trois mois, ça donne le tournis !

Maintenant elle compte les jours avant de partir vers l'océan et se mettre au baby surf : car Bettilou, elle craint dégun !

 

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